Il matérialise à la fois le passé « explosif » de notre planète, la Terre, et l’ingéniérie de cette belle Province de l’Est Canadien, le Québec:

  • –  Un météorite de 5 kilomètres de diamètre impacte le lieu voici plusieurs millions d’années, et change le cours de l’histoire terrestre.
  • –  Un barrage pharaonique se construit dans les années 1960. Il métamorphose la région, en matière économique, politique et sociétale.

    D’une visibilité aisée sur posters, cartes et clichés photos, le « Manic » attire l’intérêt de nombre de petits et grands du monde entier.

    C’est lors d’un échange professionnel entre le France et le Québec que Franck, alors qu’il le survole en avion, a cette idée un peu folle: Faire le tour du lac en canoé!

    Il profite de son attrait pour ce Pays de coeur, de sa passion des grands espaces, de sa connaissance du milieu « sport nature » québécois et de son expérience de guide/secouriste en haute-montagne pour se lancer ce pari.

     

    Allier l’histoire de ses premiers occupants, l’engagement humain et l’aventure:

     

    Le canoé, l’aventure et la découverte.

    Ni une ni deux, l’équipe se monte en France.

    Tout d’abord composée de 2 bateaux de 2, elle sera validée à 3 bateaux.
    En tout 5 copains. Certains de fraîches dates, d’autres depuis plusieurs années.
    Franck, Jérome, Alain, Benoit et Bruno.
    2 bâteaux double avec 2 rameurs et 1 bâteau double chargé avec le collectif (la « Péniche ») et son forcené de rameur.

    Habituée des passions humaines et sportives, l’équipe intègre des objectifs importants à ses yeux:

  • –  Représenter une Association caritative reconnue.
  • –  Porter une image positive, des valeurs morales et éthiques, de l’engagement, du

    dépassement de soi.

  • –  Être soutenu par des hommes et des femmes de conviction.
  • –  Valoriser l’histoire et les particularités du Pays visité.
  • –  Représenter des marques connues et solidaires.

Bref, faire vivre et partager ces moments si particuliers d’un groupe engagé.

La fondation française « SALOMON» est donc choisie comme notre drapeau:
Sa vocation d’aide aux professionnels de la montagne accidentés, décédés où disparus nous

est chère, à nous montagnards.

La fondation québécoise «LE JARDIN DES GLACIERS », située en bordure du Saint -Laurent, sera notre relais local:

Elle a pour objectif de promouvoir la connaissance des dernières glaciations terrestres, les changements climatiques et l’influence de ces évolutions majeures sur la Terre et ses occupants.
Elle a de plus un lien solide avec notre Pays, la France, à travers un échange constructif avec Chamonix Mont-Blanc, sur ces thématiques.

François-Guy THIVIERGE, 1er Québécois sur le toit du monde « Éverest » accepte avec grand plaisir de nous soutenir. Figure très dynamique de l’outdoor local, il sera notre moteur moral.

Mathilde BOULESTEIX, journaliste et aventurière française, soutien notre aventure. Elle encourage une équipe soudée par un projet humain, des valeurs simples, et un engagement physique réel.

Et bien sur, l’ensemble de nos marques fétiches Salomon, Petzl, Ice breaker, Mountain Hardwear, nos amis soutiens financiers régionaux, passionnés d’aventure humaine, et nos relations québécoises sur-motivées.

Comme tout projet d’envergure, conseils et réflexions permettent d’évoluer et concrétiser ce style d’expédition.

Nos amis locaux nous conseillent:

« Portez-vous plus vers un choix de kayaks plutôt que de canoé. Les changements météos, les vagues, les tempêtes et les axes venteux du lac sont particulièrement violents et dangereux.
Le canoé est alors risqué du fait de sa prise à l’eau et de son peu de stabilité ».

Le choix du kayak est donc validé.
Plus tassé, protégé par des jupes et profilé pour du tout aquatique, il est un vecteur important de réussite.

Nos amis INNUS nous pardonneront.

Une tentative paddle Sroka sera également abandonnée.
Tout d’abord envisagé avec 2 membres en autonomie, cette option est ramenée à une capacité de « secours » (tracter une planche en cas de coup dur).
Essai finalement trop aléatoire.
Lors du passage de vagues violentes, un poids mort tracté bloque la progression naturelle du kayak en subissant également un arrêt brutal.

Le choix du mois d’août est facilité par les vacances scolaires, la météo et le bon compromis

mouches/moustiques…..problème majeur lors des bivouacs natures.

L’entrainement individuel et collectif prend forme lors de nombreuses séances de pagaies au pied des Alpes et Pyrénées, ainsi que lors de rencontres de l’équipe au centre de la France.

Franck, capitaine d’expé, règle à la lettre les réservations, la logistique, les locations grâce à ses nombreux relais locaux. Dont l’association le « Jardin des Glaciers ».

Jérome, Alain et Benoit le suppléent parfaitement, notamment dans la recherche de contacts et sponsors.

Bruno, un peu surmené professionnellement, suit et s’entraine en toute confiance de ses partenaires.

Les dates du 10 août au 25 août sont validées.

Arrivés à Montréal, acceuillis par Pierre, remontés à Baie-Caumeau en voiture, pour enfin se poser chez Dany et Pierre.

Ouf, On y est!!
Nous profitons de ces 2 jours pour structurer nos préparatifs:

  • –  Récupérations des kayaks, de la remorque.
  • –  Préparation de la logistique.
  • –  Préparation de l’équipe.
  • –  Préparation des sacs, du matériel, des essais du téléphone IRIDIUM, des trousses

    de secours, des cartes topographiques.

  • –  Visite de notre association « le Jardin des glaciers ».

    Départ prévu vers notre base nautique ce dimanche 13, départ de l’expédition le 14. Notre base de départ se situe à l’Est du lac, à environ 380kms au nord de Baie-Caumeau,

    dans la station UAPISHKA.
    Daniel et David, les gérants-cuistots-hommes à tout faire, nous y acceuillent.

    Cet endroit propose un ensemble de cabanes, chambres, et dortoirs type «refuge » de chez nous.
    Cuisine et salle commune, c’est un endroit magnifique.

    À 100m, la baie d’Uapishka est un paradis des pêcheurs. Une vue des îles avoisinantes et des côtes lointaines du Réservoir nous donnent une première vue du « chantier » prochain.

    Nous posons donc nos kayaks sur la plage principale.

    Photos, essais et derniers préparatifs valident la bonne tenue de nos nouveaux camarades de jeux!

Sacs et logistiques sont éparpillés, rangés et structurés dans nos sacs étanches.

Alain et Bruno passent aux fourneaux afin de pré-cuire quelques riz, haricôts et pâtes à pain.
Les cartes topographiques confirment les nombreuses options de bivouac.
Les échanges avec Daniel et David permettent de mentionner les passages vitaux du tour:

Le Cap Horn, les faces Nord, le vent d’ouest, les îles du Sud, les entrées de Fjords. Quelques cabanes et refuges sont également localisés.

Néanmoins, par expérience, nous savons que ces quelques indications nous permettent d’avoir une idée générale, pas une réalité:
Trop d’aléatoires, trop d’appréciations personnelles, trop d’interprétations peuvent être mortifères dans une expédition.

NOTRE LIGNE DIRECTRICE:

  • –  Un total de 220 à 250 kms à travers un axe nord, ouest, sud, est, nord.
  • –  9 jours d’autonomie.
  • –  Un minimum de 30 kms/jour.
  • –  Marge de 2 à 3 jours pour des imprévus.

    Pour le reste, nous verrons au jour le jour:
    Météo, vent, vague, pluie, froid, matériel, fatigue, blessure, bivouac, découverte, animaux, pêche, contacts humain, imprévus….

    Le bonheur de la LIBERTÉ, de la DÉCOUVERTE et de l’AVENTURE!!! Le JOUR J est là….Enfin!!

    Levés à 05h00 du matin, nous engloutissons une bonne ration afin de tenir le premier choc physique du départ.
    Attention toute-fois a ne pas être trop chargés en solide et liquide, les arrêts pipi ne sont pas évidents dans les grandes et longues traversées.

    La météo est cinglante: Pourrie, venteuse et pluvieuse!! Génial! Au moins, nous sommes dans le bain immédiatement.

    C’est parti pour l’équipe à 07h00.
    Nos 3 kayaks filent droits dans la baie de UAPISHKA.

    Bruno ouvre le bal. Premier forcené de la « Péniche », de couleur rouge, il est également chargé de la navigation de l’expédition.
    Franck et Benoit, couleur bleu, suivent.
    Jérome et Alain, couleur jaune, ferment la marche.

    L’option de longer la rive droite est prise. Nous sommes ainsi protégés d’un vent du nord particulièrement violent.
    Stratégie de départ: être en mode découverte, recherche de sensations, prises de

marquages individuels et collectives.

Arrivés en bout des protections naturelles, la traversée frontale est choisie, afin de rejoindre la côte interne du Lac.
Ainsi protégés, nous subirons le moins possible les forts embruns nord.
Les vagues sont latérales et l’équilibre précaire. La cadence est régulière malgré les cassures difficiles.

Notre stress de départ disparaît, les bînomes sont concentrés, l’attention à son comble.

Après 2h00 de combat, nous voilà déposés sur une première île, proche des côtes internes des Terres du Réservoir.

Nous en profitons pour faire un point sur la meilleure startégie:

  • –  Les vents et courants sont imprévisibles.
  • –  La météo impose sa loi.
  • –  L’adaptation sera donc primordiale. Ça tombe bien, c’est exactement notre façon

    de fonctionner.

    Reprise de notre route, d’abord à l’abri des îles, puis face à notre combat de la journée, le fameux Cap Horn!

    Comme prévu, il sera très engagé. Vent de face, effet venturi lors du resserement final, vagues violentes, parois terrestres verticales, pluie rasante, pas d’échappatoires…. il est fidèle à sa réputation.

    Bruno et sa péniche y laissera une bonne énergie. Les binômes devront s’adapter à vue afin de lui venir en aide si besoin.

    Ce combat, somme toute très dans « l’ambiance », nous permet de finir la journée en mode détente, recherche de bivouac et plaisirs partagés.
    Nous longeons les côtes vierges du Réservoir, à l’affût de plage déserte où nous espérons voir loups, ours et orignaux sous le vent.

    Rien de tout cela, mais une baie très belle attire notre attention.
    Le mauvais temps se change alors en ciel bleu azur, bercé par un soleil magnifique.

    Nous accostons donc dans une ambiance détendue, heureuse et vraiment apaisée.

    Nous étions détrempés, fatigués et rincés. Nous nous retrouvons touristes en short de bain sous notre tunique anti-moustiques, un filet sur la tête, en pleine installation de notre campement.
    Bois à profusion, bouleaux pour attiser les flammes, crottes d’ours, d’orignaux et de loups nous entourent…

    Combinaisons, gilets, chaussons et gants sont très vite étendus sur les arbres avoisinants. Chacun son arbre afin d’éviter la confusion lors de la récupération.

    Tentes, feu, popotes….le mécanisme de groupe se fait naturellement.
    Notre cuistot Alain propose et actionne déjà ses préparatifs.
    Le soleil, particulièrement bienvenu, nous propose un final original: la découverte de bolets, champignons dont nous raffolons, nous, en France.
    Benoit et Jérome sont, pour leur part, le nez dans les cannes à pêche, les cuillères

virevoltantes et les stratégies du pêcheur!
Ce n’est certe pas très concluant, mais au moins les poissons rigolent avec nous…. 22h00, le froid et la fatigue nous poussent dans nos duvets.
Bruno, sort le sien de son sac étanche…les vagues du Cap Horn font leur première victime….le duvet trempé est inutilisable!
Une nuit gélée l’attend.
L’expérience montagnarde revient alors très vite!!
Brrrr….!!!!

Jour 2, lumière et levé de soleil magnifique.
Une brume humide nous englobe. La différence de température entre l’eau et la terre façonne cette ambiance très particulière. Doudoune obligatoire pour tous.

05H00 du matin, feu activé malgré un taux d’humidité impressionnant.
L’eau chaude est notre obsession. Elle permet de préparer les thermos de la journée, de se gaillardir avec un bon café, de confectionner les lyophilisés du petit déjeuner.
Le démontage du camp ne se fait qu’une fois la brume évacuée….

Le temps change très rapidement. Il se couvre d’une épaisse couche de nuages gris, puis une pluie fine tombe.
Nous activons nos rangements.
Les équipes changent.

Franck récupère la « Péniche », Bruno et Alain suivent Jérome et Benoit.
Lorsque nous prenons le large, il pleut abondamment. Le vent est faible. Tant mieux.

Nous remontons les côtes du Réservoir en Nord/ Nord-Ouest.
Notre objectif est de rejoindre une « probable » cabane à environ 35/40 kms d’ici. Nous sommes mardi, la météo annonce la journée de demain mercredi comme la plus mauvaise de la semaine. Si nous pouvons sécher quelques affaires ce soir, cela sera positif pour la suite.

Notre progression s’effectue à travers de superbes paysages.
Nous alternons criques, petits réservoirs, côtes très feuillus, mais aussi traversées interminables entre points caractéristiques.
La navigation à vue est impérative, la carte topographique est primordiale, la boussole devient incontournable.

C’est ce jour-là que nous entendons le loup.
Cris perçant et caractéristique, nous nous immobilisons alors dans l’espoir de voir notre ami terrestre.
Il n’en sera rien.
Lui doit nous observer, protégé par sa végétation millénaire.
Ce sera la seule et unique fois où nous l’entendrons!

Les pauses se font toutes les 2h00.
De courtes durées car le froid et la pluie nous saisissent rapidement.
Dans l’après-midi, le vent d’ouest se lève. La traversée finale avant notre cabane est particulièrement longue. Franck pousse alors la chansonnette afin de motiver ses longs bras douloureux. Chacun pique du nez dans son gilet, mais la cadence est maintenue.

Nous arrivons donc dans notre 2 ème secteur de bivouac. La cabane rêvée se révèle finalement inaccéssible.

Perdue dans les hauteurs du flanc Nord du Réservoir, elle nous est tout simplement que mirage.

La décision unanime de bivouac est choisie, nous voilà en mode recherche du site.

Nous sommes trempés, fatigués et déçus.
Bruno choisi alors rapidement une zone, claire, protégée, surélevée. Le vécu d’hier est dans nos tête.

Le vent et la pluie entame vite le moral, il faut activer le plus vite possible la cohésion
du groupe à travers une dynamique terrain. C’est ce que nous nous empressons de faire.

Ce mode opératoire fonctionne à merveille.
Moustiques et mouches d’abord, changement de tenues ensuite, recherche de bois, montage de la bâche dans les arbres, feu, pêche, séchage, préparation repas, photos…. tout déroule parfaitement.
Le choix des tentes sous la bâche est opté en prévision d’une nuit agitée.
2 tentes à la place de 3 afin de réduire la zone. Nuit collée/serrée, utile à Bruno dans une perspective de duvet humide!!

22h30, dodo pour tous.
Nuit agitée, vagues sonores impressionnantes, vent d’Ouest virulent, bâche claquante…. une bonne nuit d’expédition.

Jour 3, 05h00, debout pour tous.
Ce jour-là, le vent de Nord doit nous permettre de descendre avec sérénité vers le Sud. Pas de pluie, les affaires sont quasi-sèches. Super!
Nous nous empressons donc de défaire notre camp, avant le petit déjeuner.

Bonne intuition, la pluie arrive vers 06h00. Et un bon gros vent d’Ouest aussi.
Pas prévu au programme ça!! Brrrrr……
Notre axe de progression bascule d’Ouest en sud-Ouest, puis sud. Nous allons donc subir des déferlentes latérales, ce qui n’est pas top en maîtrise et stabilité de kayak.

Nous prenons café et lyophilisés blottis sous la bâche. Retardant au maximum le moment de mettre nos combinaisons humides et froides. Puis nos chaussons trempés.
Ces quelques secondes de transition sont réellement les pires de toutes.

07H15, nous voilà partis.
Bruno à récupéré la Grosse Bébête, suivi de Franck et Alain, puis de Jérome et Benoit.

Nous voilà partis pour de nouvelles aventures.

Après en avoir discuté ensemble, nous optons pour une technique d’échauffement physique lors des premiers kilomètres.
Nos journées sont longues, autour de 08h00 sur l’eau. Nous devons donc nous protéger de blessures musculaires. Surtout, le groupe est disparate en résistance physique.

Nous ne voulons pas mettre en péril la réussite de l’expédition.

Imprévu oblige, cette tactique tombe à l’eau, c’est le cas de le dire!
Le mauvais temps se lève, la pluie s’intensifie et le vent provoque de grosses houles violentes.

Les courants s’entrechoquent et nous projetent dans des trajectoires complètement aléatoires.
Nous n’arrivons pas à rester groupés, la stabilité des kayaks demande de la vitesse.
Nous naviguons donc à vue, en essayant de se suivre du regard, mais en restant concentrés sur notre survie.

Nous tentons un regroupement terrestre. Les côtes sont très rocailleuses. Lors de cet essai, Bruno manque de se fracasser dans les récifs, Franck et Alain de se retourner par la houle, Jérome et Benoit de ne plus pouvoir repartir par la violence des vagues.

Nous actons donc silencieusement la suite: Le terrain commande et les éléments ordonnent! Nous voilà donc lancés dans la plus dure journée de notre périple.

Une première séance de 04h00, dans un inconfort total, physique et psychologique, nous amène à une « passe », presque invicible, idéale.
Cachée par une entrée sinueuse, elle est protégée des vents et vagues extérieurs. Marquée sur la carte, Franck et Alain tombent dessus avec un bonheur.

Ouf de soulagement pour tous!
Là au moins nous pouvons nous refaire. Changement de tenue, réchauds sortis, les lyophilisés sont un bonheur…

Afin de préparer à la deuxième partie, le reconditionnement est primordial!
Nous en profitons pour sortir les cannes à pêche. Mouche contre cuillère, Benoit et Jérôme sont à l’affût!
Ce moment est particulièrement apprécié. Mais toujours rien au bout de nos lignes…
La honte n’est pas loin!!

13H30, nous voilà repartis dans la bataille.

Impressionnant changement de décors. Nous passons du rêve à la réalité en 10m.
Le vent et la pluie nous prennent de plein fouet. La sortie du chenal est « sport », mais nous sentons un léger mieux dans la violence du courant et des vagues.
Notre objectif est accés sur une cabane mentionnée sur notre relevé carte. Elle est située dans un endroit visiblement magnifique. Une belle entrée protégée des vents, 500 m
de pagayage normalement calme, puis notre « hôtel » du soir devrait être à vue.

Ça, c’est dans les rêves!

Nous avions tout bon jusqu’à notre mise à terre.
Après une grosse après-midi bien physique, nous forçons notre moral, et notre horaire, en prévision d’une nuit au chaud.
Nos accostons donc vers les 19h00 dans ce bel endroit. Dans notre marche vers la cabane, l’environnement douche nos espoirs: Taillis rigides et agressifs, mouches et moustiques déchaînés, crottes d’ours nombreuses, la cabane s’avère être un endroit complètement fermé et protégé. Des paillaissons à clous contre les ours, portes et fenêtres obstruées par de solides protections….Pffffff, le moral en prend un coup!!
Et que dire de l’environnement de la zone!! Beurk!!

Réaction immédiate du groupe, la décision de continuer est prise à la recherche d’un site plus vivable.

Notre problème est maintenant à deux niveaux. La météo très mauvaise qui arrive, et l’horaire de fin de journée largement dépassé pour un bivouac digne de ce nom.

Ça ne loupe pas, nous voilà obligés de trouver notre espoir devant de gros nuages très agressifs.
Franck acte pour une zone très moche, mais avec du potentiel!

En deux temps et trois mouvements, chacun s’y met.
Nous nous changeons sous un début d’orage en un temps record.
La bâche de protection est notre 1er objectif.
Recherche du bois pour le feu, coupage de branches, mise à niveau du sol pour les tentes, chaque minute est importante.
Le vent redouble, la pluie alterne entre pause et violence, la nuit tombe.
Nous abandonnons le feu, et nous concentrons sur la cuisine.
Les vagues redoublent d’ardeur et projètent nos kayaks contre les bordures de sable et cailloux.
Ça nous inquiète pour la nuit.
Le repas est englouti rapidement, les 2 tentes sont montées tant bien que mal et nous voilà en pleine installation pour la nuit.
Nuit dantesque de violence. La bâche claque sous les assauts d’Odin. Les vagues font un bruit dément lors de leur explosion contre la terre.
À minuit, Alain se lève pour vérifier l’accrochage des kayaks, ainsi que la présence de nos combinaisons et gilets.
Tout y est……

Jour 4, levée à 06h00.

Nous nous accordons une petite récupération supplémentaire d’une heure. Rien ne sert de se fatiguer face à la météo, mieux vaut être stratège en terme de progression.

Le jour se lève donc avec un calme agréable. La bâche a résisté, les tentes aussi, et nos bâteaux sont impeccables. Au top!

Nos actes réflexes reviennent. Petit déjeuner, rangement, gestion du matériel, gestion humaine, gestion du matériel et préparation personnelle.

Bruno hier a géré la péniche. Ce matin, la nuit inconfortable serrée à trois dans la tente lui fait un début de garot au poignet gauche. Les efforts se payent cash.
Nous lui coupons ses bracelets, enlevons sa montre, et gérons massages appropriés. Attention aux blessures bénignes, surtout en kayak.

Nous voilà partis sous le coup des 09h00.
Le soleil rayonne, le courant et les vagues sont avec nous.
Tentatives de surf dans les petites déferlantes, pagayage facile, la matinée est vraiment sympathique et joyeuse.

Ce jour-là, notre progression nous fait basculer d’un axe Sud à un axe Est plus où moins net. Nous sommes avec une belle avance sur nos prévisions les plus optimistes, c’est un gros plus psychologiquement!
Si nous continuons à ce rythme, nous serons de retour en jour 5, c’est à dire demain.

Nous profitons donc d’une pause sur un petit îlot minuscule pour échanger tous les 5.

Nous confirmons et validons notre objectif « découverte et plaisir » plus qu’un bourrinage en règle.
Les élèments météos sont enfin avec nous, nous profitons des ces magnifiques moments et de ces paysages superbes.

Bruno profile donc un parcours en adéquation à ce souhait.
Les îles et îlots seront des objectifs ciblés.
Les entrées maritimes, petites passes aquatiques, où simples cabanes à castors seront privilégiées.

Néanmoins, le terrain est Roi.
Notre journée se termine sur une terrible traversée de 10 kms. Le point a atteindre est loin, très loin. La motivation, le moral et les efforts baissent en intensité. Franck seul dans sa péniche, chante à tue-tête et se défoule par des accélérations particulièrement impressionnantes.
Ok pour tous, on en a plein les bras….et la tête.
Ne pas se perdre dans un trop plein de kilomètres et d’énergie.
Un regard, des gestes, les doigts se pointent et se focalisent sur une plage visible au loin. Baignée par le soleil couchant, elle nous semble idéale.
Assis dans nos sièges, le moral revient et nous finissons notre calvaire en mode sprint. Excellent pour le corps, la tête et l’esprit!

En sueur, ni une ni deux, nous jetons nos combinaisons et plongeons avec bonheur dans l’eau couleur soufre. Quel soulagement.

Bien sur, nos amis les mouches et moustiques nous ramènent à la réalité.
Combinaisons blanches, filets anti-moustiques, haut et bas icebreaker, l’attirail habituel est de sortie.

Tentes, feu et cuisine sont prioritaires. Pêche et séances photos s’y ajoutent.

La soirée sera calme et apaisante. Un vrai bonheur pour le groupe.
Bruno seul dans sa tente en profitera pour retrouver un poignet enfin humain. Merci les copains!

Jour 5, levée à 06h00.

Nous avons le temps, plus la peine de se presser.
Nous prenons notre temps et profitons de la chaleur des premiers rayons de soleil. Les tentes sont sèches pour une fois, nous préparons nos kayaks sereinement.

Départ à 08h30. Le vent n’est pas fort, le courant quasi-nul. Parfait.

L’objectif est de trouver l’endroit idéal pour notre fin de périple. Un bivouac sur une île serait le top.

La stratégie du jour est simple. Une évolution dans les îles et îlots à venir. Profiter de ces endroits atypiques, prendre des photos, voir loups, ours et autres?

Surtout, prendre du plaisir…..!

Nous voilà donc partis dans notre dernière ligne droite.
Nous remontons plein Nord, à travers ces sommets ultimes, sortis de l’eau par la main de l’homme.
Notre carte, très diminuée par les morsures de l’eau, confirme les évolutions des hauteurs d’eau, du travail des courants, des évolutions géologiques, du travail immuable du vent.

Nous nous retrouvons ainsi dans des cul-de-sac improbables, à se moquer des uns et des autres sur les choix stratégiques. Bref, à profiter de chaque instant.

Un arrêt sur une plage de pierres nous permet de confirmer une île au loin pour la soirée. Située à environ 02h00 de la base d’UAPISHKA, elle nous paraît parfaite pour notre dernière nuit.
Allez, encore une petite traversée et on y est!

Alain et Jérôme décident, pour une raison indéterminée (sic!), de mettre une cadence de puncheurs.
Soit, tout le monde s’y met…

Nous voilà donc les 3 bâteaux en ligne, à fond sur les pagaies, mimant une aisance certaine, ne lâchant rien les uns sur les autres, partis sur 4 kms de folie!! L’instinct de compétition ne se perd décidément jamais!

C’est là qu’un rayon de lucidité passe sur nos embarcations.
Un minuscule îlot se détache sur notre gauche, à 200 m de l’île principale.
Il doit faire 100 m sur 100 m, quelques bouleaux et pins sur sa partie centrale, du bois flottant sur ses plages, et une exposition géographique parfaite: coucher et lever du soleil assurés!

Nous stoppons notre effort, et accostons instantanément.
Déjà, 3 bolets sont visibles, ça s’annonce très bien.
Une place pour les tentes magnifique, un feu superbe, photos et films en préparation, Benoit dans son kayak pour un final de pêcheur, Franck nous sort même son enceinte musicale… Génial!!

Ce début de soirée est parfait!

Nous nous retrouvons autour d’un feu ardent, en pleine contemplation d’un ciel étoilé, assiettes de salade thon, riz, bolets et galettes complètes à la main!
Un festival pour les papilles et les yeux!

Vers 23h00, alors que nous nous préparons à rejoindre nos tentes, un éléments bizarre attire notre regard.
Une danse fluorécente se détache dans le ciel….des Aurores Boréales!!
Vite, nous sprintons de 30 m sur le rocher sommital pour assister à un spectacle dantesque. Pour tous, ce sont nos premieres Aurores… Quel plaisir!

Nous profitons de ce spectacle pendant 1 heure, moment mystique pour nous Européens! Cette nuit concrétise nos attentes les plus folles.

Jour 6, levée vers 06h00. Notre dernier jour nautique..

Temps pourri, c’est vraiment impressionnant ce changement météo! Pluie, vent et grisaille sont au rendez-vous.
Notre derniere traversée sera la plus complexe techniquement.

Notre campement est défait en 10 minutes. Les affaires trempées seront lavées plus tard. Les combinaisons sont sèches, les chaussons aussi, c’est déjà ça. Pas de sensations désagréables ce matin.

Nous embarquons en Ouest, côté du Réservoir ce matin, à l’abri du vent.
Lorsque nous débouchons plein Est, l’enfer nous cueille. Un vent dément, des vagues violentes et des embruns de face nous attendent.
Au moins, le final est digne de notre engagement…Tant mieux!

Cette dernière traversée sera vraiment tendue.
Les vagues latérales, les courants transversaux et les vents violents rendent difficile notre naviguation.

Nous traversons en 01h30.
La concentration optimale et le stress constant nous ont complètement absorbé. Lorsque nous accostons vers 10h00 du matin, nous sommes soulagés.
Pas de dessalage lors de ce raid, pfffff!! Ce fût notre hantise permanente…

La joie est alors simple, franche et humaine.
Nous retrouvons notre camarade David, heureux de nous accueillir en ce matin pluvieux!

Pour nous, c’est une belle réussite! Avant tout une victoire d’équipe!
Le commencement d’une histoire de groupe? D’une équipe? D’objectifs futurs? La concrétisation certaine d’un projet, d’un engagement, d’une relation humaine!

Merci MANIC et Merci QUÉBEC, ce fût vraiment formidable! L’équipe du Manicouagan 2017

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